Oui, c'est bien cela la question aujourd'hui, comment survivre après la mort de son enfant ?
Malheureusement, je n'ai pas de réponse.
Beaucoup me demandent comment nous allons maintenant, avec l'envie d'entendre que tout va mieux.
Mais non.
Les jours passent et le manque de notre enfant se fait sentir un peu plus chaque jour.
On fait semblant. Et ça fatigue.
Faire semblant de vivre est fatiguant, vivre un deuil est épuisant de douleur et de chagrin, vivre le deuil de son enfant est un anéantissement.
Nos corps ont beaucoup lutté pendant quatre ans pour que celui de Malo "tienne le coup".
Nous n'avions pas le droit de nous écouter ou d'être malade.
Aujourd'hui nos corps aussi sont épuisés.
Je suis lasse de tout et il ne passe pas une journée sans que je me dise "à quoi bon" puisque Malo n'est plus là pour partager avec nous.
Le printemps est arrivé et avec lui le rappel de toutes les ultimes souffrances de notre enfant, vécues il y a un an.
Une maman endeuillée de son enfant m'a dit récemment : "et pourtant les fleurs ont le culot de s'ouvrir, et la nature de s'épanouir".
Même si l'hiver restera à jamais dans nos coeurs, pour la nature, après l'hiver arrive le printemps.
Le cycle de la vie continue ...pour les autres, pour ceux qui nous entourent.
Anna est notre rose précieuse que l'on arrose et qui s'épanouit.
Mais le chagrin est aussi là pour elle.
Elle refuse de nous voir triste. Il est vrai que cela ne doit pas être facile de grandir dans un environnement composé de chagrin et du passé.
Elle désire une nouvelle chambre, rouge, dans celle de son frère. Peut-être un moyen de ranger les affaires de Malo, de vider le musée, son désir à elle d'avancer ou de voir progresser ses
parents.
Cependant, la force n'est pas encore au rendez-vous pour "mettre en boîte" les jouets et vêtements de Malo, de tout ce qu'il aimait.
Tout cela pour dire de ne pas se fier aux apparences ; derrière nos sourires se cache une plaie si profonde que rien ne comblera.
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